L'AFHJ publie annuellement la revue Histoire de la Justice, disponible auprès de la Documentation française et de Cairn.

Le projet scientifique historique et littéraire de la revue est précisé dans les Recommandations aux auteurs.

L'AFHJ a également publié des livres et ouvrages, et appuiela publication d'autres revues et ouvrages en matière d'histoire de la justice.

Avec son projet "Archives Orales", l'AFHJ a lancé en 2012 une série de vidéos réalisées avec de grands témoins de la magistrature.

 

  

"les penseurs du Colde civil"

sous la direction de Mme Claude Gauvard

Présentation DF : Une approche historique et juridique sur la genèse du Code civil - Le Code civil est issu d'une rupture, celle de 1789. Son contenu est le fruit de travaux préparatoires où, de Cambacérès à Portalis, se sont illustrés de grands serviteurs de l'État, tandis que Napoléon en a stimulé l'achèvement. Le Code s'inspire aussi de la politique législative et judiciaire du XVIIIe siècle, dont d'Aguesseau, avocat général puis chancelier de Louis XV, a été le promoteur.
Mais la cohérence du Code relève d'apports plus subtils : elle est le fruit d'une culture juridique, celle de penseurs dont la formation et la pratique s'enracinent dans une tradition multiséculaire où l'art oratoire se mêle à la scolastique médiévale. En mettant l'accent sur la pensée juridique qui sous-tend la réalisation du Code, ce livre prétend donc éclairer comment, et parfois de façon contradictoire, se sont noués les fils qui unissent les dispositions de l'ancien droit et celles du nouveau droit codifié.

"la Justice de l'épuration"

 

Présentaiton DF : Un document inédit rassemblant les travaux d'historiens, d'universitaires et de magistrats, accompagnés de nombreux témoignages - Un climat de peur et de chaos domine l'année 1944. Peur des bombardements, des exactions, d'une guerre civile. Peur qui se nomme vengeance, délation, lynchage. Des listes noires circulent. Dans les rues s'affichent la liesse de la délivrance et le besoin du châtiment. C'est l'année des derniers spasmes de la barbarie nazie. C'est aussi l'année où Paris est libéré dans un climat insurrectionnel, où l'on tond des femmes en pleine rue, où Combat exige l'épuration immédiate pour commencer la révolution. Dans cette spirale naît la justice de l'épuration. Fruit de quelques ordonnances, c'est une justice de salut public. Peuplée en grande partie de jurés communistes, elle remplit une mission patriotique. Les prétoires sont des scènes privilégiées où se heurtent des finalités contradictoires, où s'épanche mal la partialité des victimes. Le besoin de justice sý confond avec le culte rendu aux morts de la Résistance. C'est ce parcours accidenté qu'interroge cet ouvrage qui fait suite à "La Justice des années sombres". Quelles sont les juridictions de l'épuration légale ? Quel bilan tirer de leur œuvre si controversée ? Peut-on comprendre le procès de Pucheu sans les fusillés de Châteaubriant et la figure de Guy Môquet ? Quel fut le comportement des magistrats et avocats dans cette tourmente ? Et surtout comment ont-il affronté l'ambivalence de ces temps déraisonnables : châtier les traîtres, offrir un exutoire à une population en colère, et en même temps, retrouver le fil de la légalité, refonder l'État, bâtir une nouvelle communauté politique ?

Numéro 8-9 :
Paris : AFHJ, 1995-1996.


EDITORIAL
Exceptionnellement, ce numéro de notre revue couvre les deux années 1995 et 1996. Sa présentation est également quelque peu modifiée par rapport aux précédents.
Comme on le sait, l’une des vocations de l’Association française pour l’Histoire de la Justice est la tenue de journées régionales d’histoire judiciaire. Jusqu’à présent, quatre colloques ont été organisés, respectivement à Nîmes, Rouen, Rennes et Douai. Un cinquième est en préparation. Il se tiendra à Dijon les 8 et 9 novembre 1996.
Il serait regrettable que les travaux et les recherches réalisés à ces occasions se perdent ou de dispersent. C’est pourquoi l’Association a décidé d’ouvrir sa revue aux contributions originales dont un texte lui a été communiqué. Cela ne préjuge cependant en rien, bien entendu, de l’édition d’actes complets qui donneraient au fruit de ces journées un publication particulière.
Le lecteur trouvera ci-dessous, regroupées à la suite de l’introduction du Professeur Hilaire, cinq communications aux journées régionales de Douai.
Parce que notre revue se veut aussi un lieu d’échanges entre lecteurs, il convient de donner une plus large place aux rubriques « variétés », « notes de lecture » et aux « pages rouges ». C’est pourquoi toutes vos propositions, comptes rendus et annonces seront les bienvenus.
Merci à tous ceux qui nous apportent leur concours et en particulier à la Direction des Archives de France dont le soutien financier est précieux.


HOMMAGE A PHILIPPE VIGIER
Frédéric CHAUVAUD

De Philippe Vigier, le professeur, l’universitaire et l’historien(1), ses étudiants, ses collègues, ses proches et tous ceux qui l’ont côtoyé retiendront d’abord le rire, dont les éclats sonores et chaleureux ont empli de nombreux lieux. La présente évocation ne saurait ni retracer le foisonnement d’une vie, ni rendre compte de l’énergie déployée, ni restituer l’attention portée à chacun, ni rendre compte de l’œuvre scientifique. Toutefois à grands traits il rappeler que Philippe Vigier, agrégé d’histoire à vingt deux ans, a d’abord porté son attention sur la région alpine, point de départ de multiples publications sur l’histoire de la province et sur le monde rural. Sa grande thèse sur la Seconde République dans la région alpine en témoigne. Par la suite, ouvrages, essais, articles, rapports présentés à des colloques se sont régulièrement succédé. La bibliographie de ses travaux comporte une cinquantaine de titres. Parmi ceux qui se sont adressés à un vaste lectorat et ont marqué plusieurs générations intellectuelles, signalons simplement La Vie quotidienne en province et à Paris pendant les journées de 1848 (Paris, Hachette, coll. « La vie quotidienne ») et ses deux « Que sais-je », l’un consacré à la Monarchie de Juillet, l’autre à La Seconde République. Mais Philippe Vigier ce fut aussi l’administrateur et le pédagogue. Après sa nomination à l’Université de Tours, puis d’Orléans, il se fixe à Nanterre, dont il sera le vice-président de 1971 à 1976, aux côtés de René Rémond. Partisan d’une université pluridisciplinaire, il ne s’est jamais dérobé et fera cours aux étudiants de première année par conviction, mettant ses talents de professeur au service de tous, du premier au troisième cycle. Secrétaire de la Revue Historique, président de la prestigieuse Société d’Histoire de la Révolution de 1848, membre de la section permanente du Conseil national de l’Enseignement supérieur et de la Recherche… autant d’activités bouillonnantes qui suscitèrent de durables fidélités. Enfin, après avoir impulsé de multiples recherches, sa passion d’historien le conduisit à s’attacher plus fermement à l’histoire de la justice. Philippe Vigier, qui fut membre dès sa création, en juillet 1987, de l’Association française pour l’histoire de la justice, fut ainsi à l’origine du Guide des archives judiciaires et pénitentiaires que mena à bien, avec la maîtrise que l’on connait, Jean-Claude Farcy (cf. Histoire de la Justice, 7, 1994, notes de lecture, p. 222-225). Depuis, dans le cadre du Centre d’histoire de la France contemporaine qu’il a créé ; d’autres enquêtes et d’autres travaux ont été accomplis ou sont en cours d’achèvement : une monumentale bibliographie de l’histoire de la Justice, une recherche sur la carte judiciaire, une analyse des discours de rentrées… Au-delà de la plénitude d’une œuvre, des engagements de l’historien et du citoyen qui avait le « sens de tous les devoirs », Philippe Vigier fut un universitaire, acteur et témoin des transformations de l’institution, et un « maître » au sens plein du terme, pour lequel l’attachement des ses étudiants, qu’il appelait avec affection « ses disciples », devenus à leur tour, demeure particulièrement vigoureux.

 

Sommaire

Le Parlement de Bretagne et la discipline des magistrats
M.-Y. CREPIN

Renouvellement des privilèges de notaires et d'huissiers au XVIIIème siècle
J.-G. NANCEY

Une justice de proximité : création et installation des juges de paix
(1790-1804)
P. DELAIGUE

Carte judiciaire et justice de proximité (1790-1914)
F. CHAUVAUD

La Justice : une ambiguïté consubstantielle
C.-N. ROBERT

Les archives notariales. Le minutier central des notaires de Paris
A. CHAULEUR

Pour une histoire de la Justice pénale en Belgique (XIIème-XXème)
X.ROUSSEAUX

A la découverte des symboles dans la Palais de Justice de Paris
J.CHARLOT

Le Parlement de Flandres à Douai (1714-1790).
Son origine, son histoire, sa composition, son influence sur la vie douaisienne
P. BUFQUIN

Magistrats et avocats du Parlement de Flandres face à la réforme Maupéou (1771-1774)
H. LEUWERS

Un officier de robe courte entre justice et injustice :
le prévôt des maréchaux
J. LORGNIER

Les cours spéciales extraordinaires de 1812 à Douai, Amiens et Rouen
M. BUSSIERE

Les archives contemporaines de la Justice : quelle conservation?
Eléments de réflexion fondés sur le ces du Pas-de-Calais
N. VIDALL

Notes de lecture

Numéro 7 :
Paris : AFHJ, 1994.


Hommage à André Braunschweig
 
Une amitié discrète nous avait réuni au long des années. Je n’avais cessé de mesurer et d’admirer tant de qualités essentielles : une profonde humanité pour ceux que la vie blesse, l’amour des siens, le respect de tous, la foi dans la justice, et l’espérance – souvent illusoire mais toujours renaissante – que peut-être on parviendrait à la rendre meilleure. Et aussi brûlante en lui, la passion d’une République fondée sur les droits de l’homme.

Je n’ai jamais connu André Braunschweig, dans tant de circonstances diverses, qu’exemplaire. Magistrat instructeur, Président de Cour d’Assises, Conseiller à la Chambre Criminelle, puis Président de celle-ci, toujours l’animait cette quête inlassable de la vérité et de la décision juste, fondée en droit et en humanité. Militant des droits de l’homme ou du syndicalisme judiciaire, il savait être ferme dans ses convictions sans être partisan. Au sein des Commissions les plus diverses, qu’il s’agisse de la révision du Code Pénal, de la procédure pénale, des relations justice-médias, ou des archives judiciaires, sa contribution était toujours précise et quelquefois décisive. J’ajouterai que en lui la réflexion sur la Justice allait au-delà des problèmes actuels. Elle se nourrissait d’une culture étendue où se retrouvait l’influence de son père, normalien et professeur de lettres. Elle s’inspirait d’une connaissance profonde de notre histoire judiciaire, qu’il s’agisse des institutions, des affaires ou des hommes. Elle s’inscrivait dans une conception profondément républicaine de notre société, qui l’animait tout entier dès l’instant où les libertés publiques, les droits fondamentaux des citoens et des étrangers lui paraissaient menacés.

L’âge n’avait en rien diminué l’ardeur de ses convictions, ni limité ses capacités d’enthousiasme. Tel je l’avais connu jeune, tel il était demeuré. Dans nos conversations toujours recommencées se mêlaient le souvenir de tant de combats menés côte à côte et le sentiment que mon vieil ami était toujours cet homme jeune dont no les épreuves ni les déceptions n’avaient diminué la flamme.

Tout ami qui disparaît emporte avec lui une part de nous-même. Avec André Braunschweig demeure vivant en moi cependant le souvenir des moments exceptionnels que nous avons vécus ensemble. Et pour ne citer que celui-là, je ressentirai toujours cette fraternelle accolade qui nous réunit au moment où, sur le tableau lumineux de l’Assemblée Nationale, s’inscrivit le vote sur l’abolition de la peine de mort. Nous savions l’un et l’autre ce que signifiaient ces chiffres électriques qui brillaient devant nos yeux. Et il était naturel qu’en cet instant unique, nous partageâmes la joie d’être présent côte à côte dabs cette victoire, comme nous l’avions été en tant d’autres combats pour cette Justice qu’André Braunschweig a si intensément servie.


Sommaire

Le décor d'une maison de justice à l'époque romane.
Symbolique, art, histoire
Chr. de MERINDOL

"Pour les cas résultant du procès..."
Le problème de la motivation des arrêts
A. LEBIGRE

La juridiction des clavaires à Perpignan au XVIIIème siècle
B. LLOANSIS

A propos de la "commisération abusive"
du jury criminel de la Révolution
G. LANDRON

Une juridiction d'exception :
le tribunal criminel spécial d'Indre-et-Loire (an IX-1881)
D. BOUGUET

L'infanticide devant les cours d'assises en Bretagne, 1825-1865
A. TILLIER
 
La déportation politique en Guyane : le cas Dreyfus
S. CLAIR

Le crime de l'ouvrier communiste :
Usages politiques d'un complot imaginaire
Fr. MONIER

L'historique des bâtiments de la Chancellerie retracé en 1826
A. CHAULEUR

Sceller avec le grand sceau de l'Etat, mode d'emploi
M. MONNERIE

Quelques images versaillaises de la Justice entre 1867 et 1890
R. PAGEARD

Notes de lecture