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Numéro 3 :
Paris : AFHJ, 1990.


Avant-propos
Hommage à Monsieur Robert Shcmelck
Robert BADINTER    

La justice est un idéal. Le service de la justice une vocation. Mettez une vocation au service d’un idéal, et vous avez une passion. Robert SCHMELCK a eu la passion de la justice. Et toute sa vie en fut éclairée.

La justice, il a lutté pour elle, dans la résistance au péril de sa vie. Car il ne dissociait pas dans son cœur le service de la justice de celui de la Liberté. Et toutes deux se confondaient en l’amour qu’il vouait à la France. Il l’a servie hors de nos frontières, après la victoire dans l’Allemagne occupée par nos troupes. Ce n’était point une tâche aisée, car il convenait de veiller à la juste répression des crimes passés, et d’aider aussi à la renaissance de l’état de Droit aux lieux-mêmes où il avait été le plus cruellement méconnu. Nul mieux que Robert SCHMELCK, enfant de Sarreguemines, ne mesurait le prix de la paix. Et tel Robert SCHMELCK, il savait que cette paix en Europe occidentale ne serait assurée que par la réconciliation, puis l’amitié entre la France et l’Allemagne. Son action, à la direction de la justice française en Allemagne demeure à cet égard exemplaire.

La justice, il l’a servie aux postes les plus exposés qui fussent pour un magistrat. En 1960, il fut nommé Procureur Général à Alger. Il fallait plus de courage que d’ambition pour accepter un tel poste à un tel moment. Il dirigea ensuite l’Administration pénitentiaire à la Chancellerie. Il l’assuma avec cette humanité qui l’a toujours animé.

La justice, il l’a servie aussi dans les enceintes où elle se confond avec le Droit. La Cour de Cassation, fleuron de l’institution judiciaire, doit beaucoup à celui qui fut son Procureur Général puis son Premier Président. Il n’a jamais cessé d’œuvrer pour que sa puissance et sa gloire demeurassent à la mesure de sont passé – et des exigences de notre temps. Comme les vrais serviteurs de l’Etat, le premier Président SCHMELCK savait que le destin d’un homme se confond avec celui de l’institution dont il a la responsabilité. Et tout au long de ses fonctions, il a toujours pensé à la grandeur de la Cour de Cassation, jamais à sa propre destinée.

La justice enfin, il l’aimait pour son passé riche. Il mesurait qu’une grande justice comme la nôtre prend ses racines dans le passé, qu’elle est indissociable de son histoire, qu’elle est comme une cathédrale édifiée au long des siècles par des architectes et des artisans successifs, et qu’on ne peut la saisir dans sa réalité complexe qu’à la condition d’en maîtriser l’évolution.

Cette passion de l’histoire de la justice n’a jamais cesser de l’animer. Il savait qu’il fallait conserver intacte la mémoire de notre justice. Il avait accepté de diriger la commission créée en 1983 pour veiller à ce que les archives soient enfin sauvegardées. Il l’assurait aussi la présidence de l’Association pour l’histoire de la justice. Ainsi avais-je le privilège de le retrouver et de reprendre avec lui ces conversations toujours poursuivies sur la justice française, son passé et son avenir.

Ce serait manquer à la délicatesse de s’étendre sur la passion de sa vie, qui a illuminé toute sa vie d’homme, celle qu’il avait vouée à sa femme et à ses enfants. Quant à ses amis, si nombreux, leur fidélité à son avenir est à l’image de leurs sentiments à son égard : indestructible et à jamais chaleureux.


Sommaire

Hommage à R. Schmelck
R. BADINTER

Les doléances des justiciables au début de la IIIème République
J-C. FARCY

Les poursuites disciplinaires contre les juges de paix
dans la première moitié du XXème siècle
J-C. FARCY

Les femmes dans les bagnes de Guyane et de Nouvelle-Calédonie
O. KRAKOVITCH

Autour d'un socle vide
J. FAVARD

Enfance dévoyée, enfance en danger,
le cas des centres d'orientation et d'action éducative
H. BASTIEN


Notes de lecture

J.G. Petit, Les peines obscures.
Par Robert BADINTER

A. Moreau, Les métamorphoses du scribe.
Par A. BRAUNSCHWEIG

L. Assier-Andrien, Une France coutumière.
Par A. GIRARDET

J. Léauté, Les prisons.
Par J. FAVARD


Exposition

Le bicentenaire de la Cour de cassation
A. CHAULEUR