L'AFHJ tient chaque année es Journées régionales, qui se déroulent dans une Cour française. Ces "journées" rassemblent chercheurs, praticiens de la justice et public, autour de thématiques de l'histoire de la justice. Les actes de ces Journées constituent l'un des éléments de publication de la revue Histoire de la Justice.

L'AFHJ conduit également à la Cour de cassation, depuis 2008, un cycle de conférences sur l'histoire de la justice. Ces conférences, mensuelles, sont d'accès libre après inscription auprès de l'association ou de la Cour.

L'Association organise également d'autres conférences ainsi que des visites de lieux de mémoire (juridictions, parlements,...), et prime par ailleurs, les ouvrages de référence parus en matière d'histoire de la justice, avec le prix Malesherbes.

Enfin, l'Association est partenaires de nombreux colloques, évènements et conférences, préparés avec des partenaires universitaires, professionnels ou grand public.


 

 

 

 

Le Prix:
 

Le Prix Malesherbes, décerné par l’Association française pour l’histoire de la Justice, a été créé pour récompenser tous les deux ans, une œuvre marquante dans le domaine de l’histoire de la justice. Les membres du premier Jury étaient : Robert BADINTER, Paul BOUCHET, Jean-Denis BREDIN, Alain CORBIN, Jean HILAIRE, Emmanuel LEROY-LADURIE et Pierre TRUCHE. Le Jury est désormais issu du Bureau de l'association.

 

Candidature:


Lors de la période précédant la remise du Prix, il est procédé à un recollement le plus exhaustif possible des ouvrages écrits sur l’histoire de la justice, qu’ils soient généraux ou portant sur un fait précis. Une sélection d’une dizaine d’ouvrages est envoyé à chacun des membres du jury qui se réunit au printemps. Pour la prochaine session le prix est dotée d’une somme de 1000 euros. Faites connaître vos travaux !


Liste des prix:

 

Prix 2011 - Le Prix Malesherbes a été remis, lors de la réunion de notre assemblée générale annuelle qui s’est ténue au salon des Oiseaux de l’hôtel de Bourvallais (siège du Ministère de la Justice) le jeudi 20 mars 2011.

Il a couronné Jacques Krynen, membre de l'Institut Universitaire de France.
 

Krynen letatdejustice I  L'État de justice (France, XIIIe-XXe siècle), I : L'idéologie de la magistrature ancienne
Jacques KRYNEN.
Paris, Gallimard, Collection Nrf Essais, 336 p., 22,40 €.

 

Présentation de l'éditeur: l'actuel regain de puissance de la justice en France est souvent mis au compte du déclin de la démocratie parlementaire, de l'effacement des valeurs traditionnelles ou encore de la «judiciarisation» des comportements, voire de la complaisance des médias. Or l'emprise de la magistrature sur la marche du pouvoir ne date pas d'hier, explique Jacques Krynen, en historien spécialiste du droit et des idées politiques. Pour comprendre les raisons de ce phénomène, il entreprend, dans un premier volume, de mettre au jour, à travers l'immense production d'écrits doctrinaux et professionnels du Moyen Âge et de l'Ancien Régime, l'ensemble des savoirs et des convictions qui ont nourri l'action des magistrats. L'image du pouvoir royal a toujours été associée à l'idéal de justice, idéal dont par l'autorité de leur savoir les juges se sont faits peu à peu les représentants, puis les dépositaires. D'abord auxiliaire, la justice est devenue concurrente du pouvoir politique. En dépit de la réforme des institutions, des formes et des procédures judiciaires sous la Révolution et l'Empire, sa domination n'a fait que croître. Car elle ne se réduit pas à trancher les procès, elle règne aussi sur les valeurs individuelles et collectives, décide en dernier ressort des droits et des libertés réelles et, par tous ces aspects, en impose aux dirigants, quels qu'ils soient. Le second volume de cette longue histoire, L'Emprise contemporaine des juges, portera sur l'ascension de la justice de la Révolution à nos jours.

 

2008 - Le jury du Prix Malesherbes 2008 a couronné ex-aequo les travaux de deux chercheurs: Pascal Bastien, pour "L'exécution publique à Paris au XVIIIème siècle",et Sylvain Rappaport,  auteur de "La chaîne des forçats. 1792-1836".


Ces travaux , s'inscrivent dans la continuité des travaux de Michel Foucault, Alain Corbin et Michelle Perrot , relatifs aux corps suppliciés et à l'enfermement et viennent compléter l'historiographie existante en matière de châtiment public.
Avec le respect et toute la rigueur des recherches historiques, ils analysent la mise en œuvre de la sanction disciplinaire aux XVIIIème et XIXème siècles, et étudient les impacts pluridimensionnels des rituels judiciaires extrêmes. Dans une société de transition, de l'Ancien régime à la société française post révolutionnaire, c'est la souveraineté même du pouvoir judiciaire que les auteurs interrogent.

Voir les interviews sur le site du Ministère de la Justice : http://www.justice.gouv.fr/index.php?rubrique=10030&article=14429

execution publique bastien  L'exécution publique à Paris au XVIIIe siècle : Une histoire des rituels judiciaires.
Pascal BASTIEN.
Champ Vallon, collection Epoques, 2006, 272 p., 24 €. 

Après avoir lu une dernière fois l'arrêt de mort, le greffier s'approche de la croix de Saint-André où le condamné est attaché. Il lui demande si de dernières déclarations restent à faire puis, en réponse à son silence, fait signe au bourreau que le temps est venu. La barre de fer s'abat, le corps est brisé. L'échafaud et le feu qui consumera le corps désarticulé offrent à la foule le spectacle de la justice. L'exécution publique à l'époque moderne a souvent été décrite par l'historiographie comme un théâtre de peur, de violence et d'obéissance selon Michel Foucault et les historiens qui s'en sont inspirés, elle réparait sur le corps du condamné la souveraineté divine et humaine blessée par le crime. Pourtant, les rituels judiciaires du châtiment s'inscrivent clans une réflexion plus large, plus complexe sur le droit et la morale : ils constituèrent un dialogue constant, voire une négociation, entre le justiciable et l'homme de loi. L'objet de ce livre est de reconstituer ce dialogue. Au carrefour des paroles, des écritures et du spectacle, Pascal Bastien entend expliquer les rituels de l'exécution dans le Paris du XVIIIe siècle bourreaux, condamnés, greffiers et confesseurs partagèrent et échangèrent, avec la foule et les magistrats, un " savoir-dire " du droit qu'on aurait tort de réduire trop simplement à la potence ou au bûcher. Hors des tribunaux, où la procédure était tenue secrète jusqu'au droit révolutionnaire, l'exécution publique fut un moyen de communiquer le droit par une mise en mots et en images du verdict. Elle fut aussi un instrument dynamique et efficace du lien social entre l'État royal et ses sujets-, de fait, la peine devint au XVIIIe siècle l'espace et l'instant d'un nouveau jugement, celui des justiciables à l'égard de leur justice. Plus que le châtiment à proprement parler, il s'agit ici de reconstituer et d'analyser les différentes articulations du spectacle de la peine à Paris au XVIIIe siècle. De la circulation des arrêts imprimés à la marche du bourreau dans la ville, et des mots du greffier lancés à la foule à ceux du confesseur consolant le condamné, l'exécution publique se révèle comme un événement capable, malgré ses contradictions internes, d'assurer une profonde cohérence à l'imaginaire judiciaire qu'elle participait à créer. Ce fut dans les rues de la ville que le Parisien attendait, espérait, consentait ou contestait la justice du roi.

Né eu 1974, Pascal Bastien est professeur d'histoire moderne à l'Université du Québec à Montréal.

 

rappaprt forcats La Chaîne des forçats : 1792-1836.
Sylvain Rappaport.
Editions Aubier, Collection Historique , 2006, 346 p., 25 €.

Il faut imaginer le silence des campagnes françaises, brisé par le fracas qui monte du cortège de centaines d'hommes reliés par des colliers de fer. Cette musique effroyable, marque du châtiment et de la honte des forçats qui cheminent depuis la prison de Bicêtre jusqu'aux bagnes portuaires, a frappé nombre d'écrivains, de Victor Hugo à Frédéric Mistral. La chaîne ! Organisée par l'Etat qui en confie l'administration à une entreprise privée, elle déroule son long transfert de convicts : souvent un mois passé sur les routes, avec une mauvaise chemise pour seul bagage. Pour l'Etat, elle est, jusqu'à la monarchie de Juillet, l'outil d'une véritable " pédagogie de l'effroi " : le chemin de croix des forçats donne lieu à des manifestations de joie populaire qui célèbrent la victoire de la Justice sur le Crime. Puis, dans la France post-révolutionnaire, la dureté de la chaîne suscite peu à peu une montée d'émotion et d'indignation : ne faut-il pas secourir ces hommes qui souffrent ? Les nourrir convenablement ? Les soigner lorsqu'ils tombent malades ? Jusqu'en 1836, date à partir de laquelle les convois de prisonniers se font dans des voitures fermées, à l'abri des regards, la chaîne manifeste toutes les couleurs du spectre des rapports qu'entretiennent le Pouvoir et la violence.

SYLVAIN RAPPAPORT professeur agrégé d'histoire, docteur en histoire, enseigne au lycée François Villon (Paris).

 


Prix 2006 - Le Prix Malesherbes a été remis, lors de la réunion de notre assemblée générale annuelle qui s’est ténue au salon des Oiseaux de l’hôtel de Bourvallais (siège du Ministère de la Justice) le lundi 20 mars 2006.

Il a couronné Alain BANCAUD juriste et sociologue, rattaché à l’Institut d’Histoire du Temps présent (IHTP) pour son remarquable travail sur la magistrature en France entre 1930 et 1950 : Une exception ordinaire, Gallimard éditeur. Les travaux d'Alain Bancaud ont été présentés par Jean-Paul JEAN, Avocat général prés la Cour d'appel de Paris.

exception ordinaire bancaud Une exception ordinaire.
La magistrature en France, 1930-1950.
Alain BANCAUD.
Paris, Gallimard, Collection Nrf Essais, 514 p., 28,50 €.

Plutôt que d'écrire un livre parmi d'autres sur Vichy et les juges, Alain Bancaud a préféré prendre l'histoire de la magistrature par le bon bout, à savoir celle d'un corps dont on attend qu'il dise le droit et assure la continuité de la justice, donc de l'État.

Sous cet angle, le problème apparaît autrement : comment un corps dont toute la culture se fonde essentiellement sur l'application des lois votées par le législateur et sur des décisions faisant elles-mêmes référence aux cas antérieurs (la jurisprudence) peut-il réagir à des situations d'exception ?

À travers l'analyse des carrières, des juridictions, des verdicts de la justice ordinaire comme de celle que l'on croyait exceptionnelle, Alain Bancaud a écrit une histoire qui servira de modèle : celle d'un corps, d'un ensemble de professionnels au service du Droit, qui eut à juger d'une situation de crise, alors que les historiens ont jusqu'ici, à l'inverse, jugé la situation de crise à partir du comportement, détaché de son contexte de culture professionnelle, des magistrats. Une histoire qui servira de référence pour toute histoire de l'État et de ses serviteurs.

Alain Bancaud est juriste et sociologue, chargé de recherche au CNRS, rattaché à l'Institut d'histoire du temps présent.

 

Lors de l'annonce du prix, une mention spéciale a également été décernée à Serge DAUCHY , Directeur du Centre d’Histoire Judiciaire (CHJ) pour son ouvrage Introduction historique aux appels flamands au Parlement de Paris, XIVe-XVIe siècles,  Bruxelles, édité à la Commission royale pour la publication des Anciennes Lois et Ordonnances de Belgique, Recueil de l'ancienne Jurisprudence de la Belgique. 

 
Prix 2002  - Le Prix Malesherbes 2002 a couronné ex æquo Louis DEVANCE, historien confirmé du Centre Georges Chevrier de Dijon et Sylvie THENAULT jeune historienne de l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP).

L’ouvrage de Louis Devance, Entre les mains de la justice, l’affaire Vaux et Petit, (éditions des presses universitaires de Dijon, 2000) est le parfait exemple d’un crime judiciaire au XIXe siècle. Ce rigoureux travail de recherche nous éclaire sur un épisode peu connu de la justice pénale du XIXe siècle : une erreur judiciaire suivie d’une campagne de réhabilitation, ponctuée de succès par la Cour de cassation.

devance Louis DEVANCES
Entre les mains de l'injustice.
L'affaire Vaux et Petit (1851-1897).
2000. 489 pages.

 

L’ouvrage de Sylvie Thénault, Une drôle de justice, les magistrats dans la guerre d’Algérie, (éditions La Découverte, 2001) représente une contribution inédite à l’histoire de la justice pendant la guerre d’Algérie grâce aux dépouillements d’archives de l’armée de terre et de la justice.

Thenault unedroledejustice   Sylvie THENAULT
Une drôle de justice.
Les magistrats pendant la guerre d'Algérie.
Paris : La Découverte, 2001 (Coll. L'espace de l'histoire). 348 pages.